Après des mois d’investigation, les journalistes de l’International Consortium of Investigative Journalists ( ICIJ) dévoilent depuis ce dimanche, avec les ParadisePapers, de nouvelles facettes des pratiques d’évasion fiscale mises en œuvre au bénéfice des plus puissants et des plus riches de ce monde. Après les LuxLeaks et les PanamaPapers, il s’agit d’une nouvelle illustration du retard énorme des autorités publiques face à la cupidité de certains acteurs de la Finance mondiale et surtout de l’urgence d’agir pour davantage de justice fiscale.

« Les caractéristiques des différents dossiers révélés au cours de ces derniers mois et de ces dernières années sont souvent identiques. Elles se nomment : dissimulation, opacité, recherche du profit à tout prix et incivisme fiscal. Et chaque année, au plan mondial, ce sont, faute d’outils adéquats et de coordination entre autorités fiscales, policières et politiques, des centaines de milliards qui aboutissent dans les poches des plus riches, spoliant le plus grand nombre et notamment les plus pauvres, » dénonce Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo.

Depuis des années, les Verts ont fait de la Justice fiscale l’une de leurs priorités majeures en matière de finance publique. Il est en effet indispensable, tant en termes de cohésion sociétale que d’équilibre des finances publiques, que chaque citoyen contribue en fonction de ces moyens et que ces pratiques fiscales agressives soient combattues sans relâche.

« Selon les dernières estimations disponibles (étude Dulbea-ULB), la fraude et l’évasion fiscale coûtent chaque année de 10 à 20 milliards d’euros aux citoyens belges, soit de 1.000 et 2.000 euros par citoyen de notre pays. C’est bien davantage que ce dont nous avons besoin à la fois pour combler le déficit public et pour mener des politiques ambitieuses en terme social et de transition énergétique, elles-mêmes créatrices d’emploi. Il est incompréhensible, face à ses évidences, que la majorité actuelle ne fasse pas de la lutte contre la fraude fiscale et la criminalité financière une priorité. Il est indispensable de combattre réellement ce cancer des finances publiques. Or, ce Gouvernement fédéral, au contraire, organise l’inefficacité de sa lutte en la matière, comme l’ont montré les travaux de la commission PanamaPapers ! » poursuit Georges Gilkinet.

Dans le cadre des prochains débats parlementaires, notamment ceux relatifs au budget 2018, le groupe Ecolo-Groen remettra sur la table ses propositions pour lutter contre la fraude et l’impunité des fraudeurs et pour créer la transparence nécessaire pour y parvenir. Pour les écologistes, il est urgent mettre fin à cette opacité qui ne bénéficient qu’aux plus riches et aux multinationales, au détriment des citoyennes et des citoyens les plus honnêtes.

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