En prévision des débats budgétaires 2018, le Ministre des Finances communique ce matin sur les « chiffres records » de recettes récoltées dans le cadre de la lutte contre la fraude fiscale menée par l’Inspection Spéciale des Impôts (ISI). Pourtant, il n’y a vraiment pas de quoi de pavoiser quand on sait que la fraude fiscale annuelle dépasse les 20 milliards d’euros, selon diverses études universitaires tout à fait sérieuses. D’autant que les montants communiqués par le Ministre comprennent aussi ceux de la régularisation fiscale, qui constitue une forme d’amnistie à bon marché pour les fraudeurs. « La réalité des chiffres est sans concession ! C’est moins de 2 % de la fraude fiscale estimée qui aura été récupérée cette année auprès des grandes entreprises. Dans l’absolu, c’est totalement insuffisant. Comment peut-on se gargariser de chiffres aussi faibles dans le contexte actuel ? Que Johan Van Overtveldt s’en réjouisse est finalement un fameux aveu d’impuissance, qui masque très mal le manque de volonté du Gouvernement actuel de lutter efficacement contre la grande fraude fiscale », déplore le député Vert Georges Gilkinet.

La fraude fiscale coûte particulièrement cher aux finances publiques: l’équivalent de deux fois le financement de la finalisation des travaux du RER chaque année, ou 2.000 euros par an et par contribuable. Mais surtout, elle crée une inégalité extraordinaire avec la toute grande majorité des contribuables, notamment les PME et les indépendants, qui s’acquittent correctement de leurs obligations fiscales.

« Il y a une hypocrisie constante dans le chef de la majorité gouvernementale en matière de lutte contre la fraude fiscale. Le Gouvernement Michel essaie, par tous les moyens de communication, de rassurer quant à sa volonté d’agir en la matière. Mais quand il s’agit de passer aux actes, alors, c’est l’inefficacité assurée. Près de la moitié des recommandations de la Commission d’enquête sur la grande fraude fiscale de 2009 n’ont pas encore été mises en œuvre par les Gouvernements précédents. Et les recommandations imposées par la majorité à la fin de la Commission PanamaPapers ne sont pas, à quelques exceptions près, à la hauteur des enjeux et des montants cités ! Plus que jamais, la question de la transparence, d’une meilleure perception des revenus des capitaux et de la lutte contre les mécanismes de fraude et d’évasion fiscale les plus pointus constituent une priorité pour les écologistes ! », conclut Georges Gilkinet.

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