Malgré un tas de signaux au rouge ou à l’orange, la majorité fédérale a décidé hier soir de persévérer dans la mise en œuvre de mesures de son accord d’été qui sont, au mieux, incertaines d’un point de vue juridique et, au pire, budgétairement coûteuses et socialement déstructurantes. A son image depuis le début de la législature, la majorité fédérale fait fi de tous les avis externes négatifs (Cour des Comptes, Commission Européenne, Conseil d’État, Conseil National du Travail, Conseil Supérieur des Volontaires,…) pour imposer des choix politiques à la fois irréfléchis et problématiques pour l’avenir.

« Plutôt que d’admettre qu’il faisait fausse route, plutôt que de se mettre à l’écoute des organes de concertation et d’experts externes, plutôt que remettre l’ouvrage sur le métier, le Gouvernement fédéral a décidé de mettre le pied sur l’accélérateur et d’avancer comme un train fou lancé dans le brouillard. La réforme de l’Impôt de Sociétés, quels que soient ses bons côtés, ne sera pas, en l’état actuel de décision, neutre budgétairement. La taxe sur les comptes-titres ne rapportera jamais les 254 millions d’euros annoncés et ne rendra pas notre système fiscal plus juste et plus lisible. Quant à l’exonération de 6000 euros de revenus pour certains travailleurs, elle risque de mettre à mal l’engagement associatif volontaire et de créer une concurrence déloyale avec les indépendants et les PME. Mais pour le Gouvernement Michel, ce n’est pas grave. Ce qui compte, ce sont les apparences ! », dénonce Georges Gilkinet.

Au cours des dernières semaines, rarement un Gouvernement aura autant fait l’unanimité contre lui. On aurait pu s’attendre à ce que ça crée une prise de conscience et une remise en question. Notamment quand le Conseil National du Travail unanime, avec en tête l’Union des Classes Moyennes et l’Unizo, a remis en question le projet de permettre à des particuliers de bénéficier de la possibilité d’entrer en concurrence déloyale avec les artisans, les indépendants et les PME qui constituent pourtant notre tissu économique. Même ceux-là n’ont pas été entendus !

« Avec ce gouvernement Michel, on a à la fois l’austérité, avec des atteintes très graves à la sécurité sociale, et l’aventure budgétaire, avec des risques de déficit élevé pour l’avenir. On a en quelque sorte le pire des deux mondes. Il est étonnant et inquiétant de constater que le MR, seul parti francophone de la majorité, et le cd&V, soi-disant conscience sociale de celle-ci, laissent ainsi se mettre en œuvre la politique voulue par le bourgmestre d’Anvers et président de la NVA. Une politique qui vise à la fois à atteindre les fondements de l’Etat fédéral et de la solidarité entre tous les Belges. Pour mieux justifier demain de nouvelles demandes de réformes qui nous éloignent toujours plus des solutions à mettre en œuvre pour créer une société inclusive et capable de répondre aux enjeux énergétiques et environnementaux et sociaux qui sont face à nous », conclut le député fédéral Ecolo.

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