Le Gouvernement fédéral confirme ce vendredi le calendrier devant conduire à une entrée en bourse de Belfius, banque aujourd’hui détenue à 100 % par l’État fédéral. Ecolo considère qu’il s’agit d’une option erronée dans le chef de la majorité fédérale. Pour les Verts, l’avenir de Belfius est, au contraire, celui d’une véritable banque publique, au service des pouvoirs locaux, du secteur associatif et de la transition de notre économie vers un modèle plus durable. Les écologistes réclament un débat parlementaire sur la question avant toute décision définitive du Gouvernement.

« Si Belfius est aujourd’hui une banque profitable, c’est grâce, d’une part, à ses racines communales et associatives et, d’autre part, à l’effort conjugué des finances fédérales et des travailleurs. Il est aux yeux des écologistes inconcevable d’imaginer cette banque, aujourd’hui à capitaux entièrement publics, être à nouveau soumise demain à des intérêts privés, à des capitaux étrangers et aux aléas boursiers. Ce serait faire fi des leçons tirées de la crise bancaire et financière qui a vu, notamment, la chute de Dexia et de Fortis », analyse Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo.

Pour les écologistes, ce serait une erreur à la fois stratégique et budgétaire de céder le gouvernail d’une banque performante et essentielle à l’économie belge à des investisseurs privés et étrangers, ne serait-ce qu’en partie.

« Il y a une place dans notre paysage bancaire pour une banque à capitaux publics comme Belfius. Plutôt que de tenter une opération budgétaire de court terme avec cette entrée en bourse, le Gouvernement devrait, à l’image d’états voisins comme l’Allemagne, faire de Belfius une véritable banque public, avec une feuille de route et des objectifs ambitieux, en matière de service bancaire aux communes, au secteur associatif, aux acteurs de l’économie réelle et à la transition de l’économie vers un modèle plus durable et plus respectueux de la planète. Une telle banque publique aurait, de façon évidente, tout le potentiel pour contribuer au redéploiement de l’économie belge », ajoute Georges Gilkinet.

Pour Ecolo, il est également nécessaire que l’avenir de la Banque fasse l’objet d’un débat public, plutôt que de négociations secrètes entre le Gouvernement fédéral et quelques banques d’affaires. C’est la raison pour laquelle le groupe Ecolo-Groen a écrit au président de la Commission des Finances de la Chambre pour qu’un débat soit organisé prochainement sur le sujet, préalablement à toute décision du Gouvernement sur une entrée en bourse de la banque de Belfius.

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