Alors que des milliers de personnes sont attendues dans les rues de Bruxelles pour protester contre la réforme des pensions du Gouvernement Michel, Ecolo rappelle son engagement et ses exigences pour un système de pension plus juste, notamment à l’égard des femmes et des travailleurs à fonction pénible.

Allongement des carrières, suppression du bonus-pension, saut d’index, corrections sur les pensions plus basses, limitation des périodes assimilées, une pension à points qui varierait avec les finances publiques… les (futures) pensionnées et (futurs) pensionnés n’ont pas de quoi se réjouir du sort qui leur est réservé par l’actuelle majorité fédérale. « Depuis sa mise en place, ce Gouvernement fédéral donne d’une main pour reprendre bien plus d’une autre. Les pensionnés, particulièrement les plus fragiles, continuent d’être touchés par beaucoup de mesures d’économie linéaires et par des réformes injustes. La potentielle future pension à points comporte énormément d’incertitudes. Ce système risque en effet de faire des pensions, demain encore plus qu’aujourd’hui, une variable d’ajustement budgétaire parmi d’autres, alors qu’elles doivent permettre à nos aînés de simplement vivre dignement », dénonce Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo.

Pour les écologistes, des choix politiques comme ceux-là ne garantissent pas l’avenir de notre société, ni celui de notre système de pension face au défi du vieillissement. Par ailleurs, Ecolo insiste tout particulièrement sur le sort de deux catégories de la société : les femmes et les travailleurs ou travailleuses à fonction pénible. « La réalité de notre système de pension, issu d’un système patriarcal et se basant sur une carrière elle-même inégalitaire, c’est que les femmes ont des pensions beaucoup plus basses que les hommes et subissent davantage le risque de pauvreté. Avec les réformes qu’il a décidées, notamment pour ce qui concerne les périodes assimilées, ce Gouvernement a encore aggravé la situation pour celles-ci », ajoute Georges Gilikinet.

Pour Ecolo, il est dès lors prioritaire de corriger les inégalités dont sont victimes les femmes. De même, le relèvement de l’âge d’accès à la pension sans prise en compte de la pénibilité de chaque carrière pénalise lourdement certaines catégories de travailleurs, dont les travailleurs manuels, les enseignants et enseignantes, ainsi que toutes celles et ceux qui sont actives dans le secteur de l’aide aux personnes.

« Notre responsabilité politique est de garantir un système de pension qui permette à chaque citoyen de vieillir dignement. Or, on le voit, ce Gouvernement nous pousse toujours plus vers une voie injuste, il ne prend pas en compte les réalités de notre société et n’en corrige pas les inégalités. En termes de financement, les mesures actuelles qui se construisent sur la limitation linéaire des dépenses et sur les seuls efforts des travailleurs ne tiennent pas la route sur la long terme », poursuivent Zakia Khattabi et Patrick Dupriez, coprésidents d’Ecolo. « Maintenir une solidarité et développer un système de pension plus juste, c’est possible en s’en donnant les moyens, par exemple en luttant plus efficacement contre la grande fraude fiscale et en faisant contribuant les grandes entreprises internationales qui ne paient que trop peu d’impôts. Cela permettrait un financement alternatif solide nécessaire à un système de pension juste. Ce n’est pas à ceux qui travaillent ni à ceux qui partent, ou sont déjà, à la pension de faire de nouveaux efforts budgétaires », concluent les coprésidents d’Ecolo.

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