L’Etat belge, est, suite à l’opération de « sauvetage » de Fortis en 2009 et avec environ 10% de ses actions, le plus grand actionnaire de la banque française BNP Paribas. A ce titre, il a pu désigner deux administrateurs le représentant au sein de la Banque (dont Michel Tilmant, impliqué dans des dossiers de fraude dans le cadre de ses fonctions antérieures au sein de la banque ING et dont nous avions demandé la démission au moment de l’Offshoreleaks ). La question que nous posons depuis le début au Gouvernement fédéral et qui se pose encore davantage aujourd’hui, c’est simplement « pour y faire quoi ? ».

Au gré des révélations sur les pratiques de cette banque française en matière d’aide à la fraude fiscale, de présence active dans les paradis fiscaux, de complicité active à l’accaparement des terres, j’ai très régulièrement interrogé les Ministres Reynders, Vanackere et Geens pour savoir quelle était « la feuille de route » de ces administrateurs. Et s’ils avaient réagi ou non aux faits dénoncés publiquement et impliquant la Banque. Imaginez-vous simplement n’importe quel investisseur institutionnel ou privé (un fonds de pension ou Albert Frère) rester sans réaction par rapport à une telle situation ? Et bien, cela a été à chaque fois la réponse de nos excellences : « nous n’avons pas à nous mêler de ce que nous estimons relever de la gestion quotidienne de la Banque ».

Les nouvelles révélations, relatives au non-respect par BNP Paribas de l’embargo sur Cuba, l’Iran et le Soudan, et la condamnation de la banque par la justice états-unienne à payer une amende de plus de 6 milliards d’euros, vont, peut-être cette fois provoquer la réaction tant attendue.

Le groupe ECOLO-Groen a réclamé et obtenu de pouvoir entendre le Ministre des Finances par rapport à ce dernier dossier. Koen Geens participera à la réunion de la Commission des Finances de ce jeudi 17 juillet. Et peut-être, acceptera-t-il enfin de réclamer de la Banque, via nos administrateurs ou en ligne directe, un comportement exemplaire, digne d’une banque à capitaux publics, s’interdisant tout comportement délictueux et s’engageant à soutenir les acteurs de l’économie réelle, plutôt que suive la voie de la spéculation, au détriment des Etats et des citoyens. Six ans après la crise de 2008, à défaut d’un cadre régulatoire ambitieux et d’une scission réelle des métiers bancaires, le Gouvernement belge doit utiliser les leviers qui sont en ses mains pour changer les banques de l’intérieur !

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