La dignité des personnes qui souhaitent demander l’asile en Belgique est aujourd’hui et plus que jamais bafouée. D’une part, les centres d’accueil pour candidats à l’asile affichent en effet complet, et d’autre part, le dispositif hivernal pour les mineurs étrangers en séjour irrégulier sur le territoire est saturé. Malgré cela, le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Theo Francken refuse d’ouvrir des places supplémentaires. Tout au contraire, prétextant une baisse des demandes d’asile, il a décidé, il y a quelques mois, de la fermeture de centres d’accueil qui fonctionnaient bien, et la semaine passée, de limiter arbitrairement le nombre de demandes traitées par l’Office des Etrangers, mettant ainsi un œuvre une stratégie du chaos, avec la complicité silencieuse de tout son Gouvernement.

Pour Ecolo, cette situation est inacceptable et indigne d’un état démocratique, d’autant plus à la veille de l’hiver. Et si certaines solutions temporaires sont envisagées, les moyens annoncés seront manifestement insuffisants au regard des suppressions de places et autres limitations du nombre d’enregistrements quotidien auprès de l’Office des Etrangers.

« Plusieurs sources actives sur le terrain nous confirment que la crise de l’accueil est artificiellement provoquée par les décisions du Secrétaire d’État, sans réels motifs, sauf politiques. Comme si Theo Francken créait lui-même le chaos, pour mieux pouvoir le dénoncer », commente le chef de file Ecolo à la Chambre, Georges Gilkinet. « Theo Francken reste sourd aux alertes formulées par son administration et aux appels au renfort en personnel et à la (ré)ouverture de places d’accueil par les agents de terrain. Cette stratégie de pourrissement doit cesser. Il s’agit d’enfants, de femmes et d’hommes qui respectent les procédures mises en place pour demander l’asile. Ne pas les laisser sciemment dans l’incertitude et livrés à eux-mêmes dans nos rues relève du respect humain le plus élémentaire, mais aussi du respect des règles internationales communément admises de tous, sauf du Gouvernement Michel, manifestement », poursuit Georges Gilkinet.

Au-delà de la réponse à court terme à apporter à la situation actuelle en matière d’accueil, Ecolo appelle à nouveau le Gouvernement à poser des choix politiques qui permettent une gestion humaine et efficace du phénomène de migration. A cet égard, l’adoption du Pacte de l’ONU sur les migrations, telle qu’annoncée par Charles Michel à la Tribune des Nations Unies le 27 septembre, mais non confirmée à ce stade par une décision de son Gouvernement, constituerait de façon évidente un premier pas dans la bonne direction.

« A défaut d’une décision gouvernementale, nous espérons qu’une majorité de députés s’exprimeront la semaine prochaine en faveur de notre texte visant à approuver sans réserve ce Pacte, permettant à la Belgique de rejoindre le rang qu’elle n’aurait jamais dû quitter, celui des Nations simplement respectueuse des droits humains les plus élémentaires », conclut le chef de file Ecolo au Parlement fédéral.

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