Après d’autres instances nationales (Cour des Comptes ou Bureau du Plan) et internationales (Commission Européenne ou FMI), c’est aujourd’hui le Conseil Supérieur des Finances qui évalue l’ardoise budgétaire laissée par le Gouvernement à 8,5 milliards d’euros. Pour les écologistes, c’est, malgré les déclarations qui se veulent rassurantes du Gouvernement fédéral en affaires courantes, un des indicateurs de l’échec de cette législature fédérale – et il est cuisant – pour Charles Michel.

« Charles Michel avait annoncé l’équilibre budgétaire pour 2018 pour tenter de faire passer la pilule des mesures d’austérité et du saut d’index que son Gouvernement a fait subir à tous les Belges depuis 2014. Il a systématiquement ignoré les signaux d’alerte quant au non-financement des mesures décidées ou la surestimation de recettes fiscales. Mais le voilà une nouvelle fois pris en flagrant délit de malgouvernance budgétaire, ce qui est d’autant plus choquant que l’actuelle majorité n’est pas avare de leçons de soi disant bonne gestion, notamment à l’égard des écologistes », dénonce Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre.

Les causes de cette situation inquiétante sont diverses. Le Gouvernement Michel a systématiquement surévalué ses recettes, notamment en matière de lutte contre la fraude fiscale et de contribution du capital, et anticipé des recettes pour plusieurs milliards d’euros, via les paiements anticipés des impôts des entreprises. Les mesures phares de la suédoise, notamment le Tax Shift et la réforme de l’Isoc, n’ont pas été correctement financées, générant des déficits structurels. Et les recettes économiques du Gouvernement MR-NVA, au-delà d’être très coûteuses, ont été trop peu efficaces, car insuffisamment ciblées, notamment vers les secteurs économiques d’avenir liés à la transition énergétique.

« Hier, nous avons dû constater l’absence de vision et d’ambition climatique d’une grande partie de la majorité fédérale. Avec le rapport du CSF, l’ensemble de la population peut prendre acte de son échec budgétaire. Mais ce qui compte surtout à présent, c’est le changement de cap qui pourra découler du changement de rapport de force issu de l’élection du 26 mai. Dans ce cadre, la priorité des écologistes sera plus que jamais la justice fiscale et l’investissement dans la transition écologique et solidaire », conclut le député écologiste.

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